Alexis est un petit garçon secret et renfermé qui vient d’entrer au collège. Il a du mal à s’intégrer et a pris l’habitude de faire l’école buissonnière pour partir seul dans la forêt qui jouxte la ville.
Malgré tous les efforts de sa mère pour tenter de le comprendre et le dissuader de fuguer, Alexis ne peut s’empêcher de retourner, encore et toujours, dans la forêt.
Comme s’il avait trouvé au fond des bois quelque chose qui le fascinait…

A PROPOS DU FILM
Le Portail est un court-métrage de fiction de 14 minutes écrit et réalisé par Liam Engle, et produit par Black Bird Productions et Affreux, Sales et Méchants.
Le film est construit autour du mélange des genres entre l’univers d’un drame familial et une intrigue de film fantastique. Le rôle principal est tenu par Maxime Pyta, 11 ans au moment du tournage, pour qui c’est la première apparition à l’écran. Sa mère est jouée par l’actrice et chanteuse Elsa Lunghini. Le Portail tourne actuellement en festivals, en France et à l’étranger, en attendant sa diffusion prochaine à la télévision et sa sortie en DVD.

DE L’AUTRE CÔTE DU PORTAIL
Une forêt. Sombre, dense, elle n’est pas sans rappeler les bois des contes de fée. Au loin, parmi les arbres, on distingue un petit VTT qui s’approche à vive allure…
C’est par ces mots que commençait la première version du scénario du court-métrage Le Portail. Dès le début, le projet du film était résumé : un désir de mêler l’intime au fantastique, le cinéma de genre à la vie quotidienne.
Son réalisateur Liam Engle a grandi sous l’influence de tout un pan du cinéma américain qui faisait se rencontrer le monde de tous les jours avec des éléments issus purement du film de genre. C’est donc naturellement qu’il en est venu au scénario du Portail.
« Faire se rencontrer ces deux univers, mais aussi ces deux mondes cinématographiques, m’intéressait. Car autant j’ai une passion pour le fantastique, autant je ne renie pas du tout un cinéma plus discret, plus intimiste. C’est mélanger ces deux styles qui me paraissant intéressant dans ce projet. La science-fiction pour la science-fiction est sans intérêt. C’est quand elle permet d’éclairer le réel qu’elle devient un outil merveilleux ».
Dans Le Portail, la structure de conte de fées du film est là pour jeter une lumière sur le passage à l’âge adulte du petit Alexis, 10 ans. Liam : « Ses parents ne s’entendent plus, peut-être sont-ils en instance de divorce ? Au collège il ne s’intègre pas encore très bien… Donc il trouve tous les jours refuge au fond de la forêt où soi-disant il part jouer « avec un copain » » C’est là qu’il découvre quelque chose qui commence à le fasciner et le pousse à retourner tous les jours au fond des bois… mais quoi ? « On dit que c’est une structure de conte de fées au sens où Alexis part vers l’inconnu accomplir une mission, vit milles aventures, et reviens chez lui changé. Mais le film joue volontairement sur le mystère de l’aventure… Où va-t-il ? Car l’important est justement ailleurs, dans le portrait de famille d’Alexis et de sa mère. Elle veut qu’il devienne un grand garçon. Pour elle, ça signifie arrêter de fuguer. Mais pour Alexis, qui n’a que 10 ans, devenir un grand garçon a un tout autre sens que le film révèle peu à peu »

Pour le mener à bien, Liam s’est tourné vers Guillaume Dreyfus et sa société Black Bird Productions. « On avais déjà développé avec Liam un projet de film de type survival mais qui n’était pas le court-métrage le plus facile à produire. Lorsqu’il est venu avec le scénario du Portail, ce qui nous a frappé c’était que le film jetait un pont entre deux envies de cinéma et s’insérait de manière décalée dans le paysage du court-métrage ».
Black Bird Productions s’est associée à Affreux, Sales et Méchants pour assurer la production du film. « En soi, Le Portail ne paraît pas compliqué », raconte Vladimir Feral, le producteur exécutif du film. « Mais le tournage représentait un défi pour plusieurs raisons : des extérieurs au beau milieu de l’hiver, des enfants en pagaille, le tout avec des journées plutôt chargées … »
Le tournage s’est déroulé sur six jours au mois de février 2009. Les extérieurs forêt ont été tournés à Dourdan, dans les Yvelines, et les scènes de maison, de collège et de fugue dans le village de Marcoussis, dans l’Essonne.

Le Portail met en scène dans le rôle-principal le jeune Maxime Pyta, 11 ans, dont c’était la première expérience sur un plateau. Liam se souvient : « On avait auditionné de nombreux enfants pour le rôle d’Alexis. N’ayant pas de directeur de casting sous la main, on a fait ça un peu à la sauvage, au gré des rencontres et des agents qui voulaient bien nous rappeler ». Le rôle, même s’il était presque entièrement muet, demandait beaucoup de l’enfant qui devrait le tenir. « Alexis est peu bavard, mais du coup il s’exprime énormément avec son regard, ses attitudes. Il fallait un enfant qui dégage « un truc », comme on dit, une présence. »
C’est dans un cours de théâtre que Maxime a été repéré. « Ce n’était pas le plus pro des enfants qu’on a eu à auditionner, mais c’était le plus motivé et surtout il avait dans les yeux un mélange d’innocence et d’expérience assez frappant. D’ailleurs, dans le film fini, on constate une vraie évolution entre l’âge qu’il semble avoir au début du film et celui qu’il a la fin… alors qu’on a tourné que sur une semaine. »
Malgré la motivation de Maxime, tourner avec un enfant était malgré tout un défi majeur. « C’est en cela que filmer en HD nous a beaucoup aidé. On pouvait faire durer les prises, chose beaucoup plus compliquée en pellicule, et laisser Maxime s’immerger dans le monde d’Alexis ». Maxime était de presque toutes les scènes, ce qui lui a valu une importante charge de travail. « Normalement, sur un tournage, les enfants ont un emploi du temps plutôt relax. Ici, on a demandé un effort incroyable à Maxime, surtout compte tenu du fait que c’était son premier film. Mais il s’en est tiré avec les honneurs. D’ailleurs, la fatigue qu’il ressentait dans la vie l’a inconsciemment pas mal aidé à faire ressortir l’état second d’Alexis ».

Pour le rôle de la mère d’Alexis, Liam s’est tourné vers la chanteuse et actrice Elsa Lunghini. « Je cherchais quelqu’un avec son type de sensibilité. On avait pas les moyens de la payer, donc j’étais pas sûr qu’elle accepterait… »
Elsa Lunghini : « Liam m’a contactée via Facebook. Je me suis un peu renseignée, et j’ai vu Minimum Overdrive, son précédent court-métrage. J’ai trouvé ça génial : drôle, rythmé, survitaminé … Je me suis dit “Ce mec a du talent!” Liam est un être très étonnant. J’étais amusée et impressionnée car il est extrêmement enthousiaste. J’ai dit oui tout de suite, avant même de lire le scénario »
La chanteuse et actrice avait déjà été comédienne-enfant : dans son premier film, Garde à vue, elle n’a que six ans. « Avec Maxime, on s’est vus un peu avant le tournage, pour se familiariser l’un à l’autre, pour essayer de créer une intimité entre cette mère et cet enfant. Il n’avait jamais joué, donc je crois qu’il était un peu impressionné. J’avais pour lui un mélange d’anxiété et de désir de protection. Au début il n’était pas très à l’aise, et moi non plus. Il me ramenait à moi en tant que mère, mais aussi à moi en tant qu’enfant actrice, et moi comédienne face à un autre acteur. C’était la première fois que je jouais avec un enfant, et c’est très déstabilisant »

Maintenant le film terminé, quel regard Liam porte-t-il dessus ?
« On craignait que l’aspect fantastique du film rebute les gens. Jouer sur le mélange des genres n’est pas facile et on aurait pu se planter violemment. Pas tout le monde ne comprend tout à l’histoire, et certains rejettent assez violemment les éléments de science-fiction, mais ce qui me fait plaisir c’est que l’émotion semble passer chez la majorité des spectateurs. C’était le vrai pari du film, construire une ambiance fantastique, un mystère, mais pour finalement surprendre en se recentrant sur cette mère et son fils… et je suis content que ce pari semble réussi. L’important au final dans Le Portail c’est Alexis et sa mère, comment chacun des deux va grandir au cours des quelques minutes que dure le film… Le reste, le mystère, le fantastique, n’est là que pour appuyer ça. »